Dernière mise à jour : 28 mai 2026
Ouverture d'un compte bancaire en France : pièces justificatives et convention de compte

Compte bancaire en France : ouverture, frais et droits en 2026

Par l'équipe éditoriale checkeverything.fr · Sources : ACPR, Banque de France, service-public.fr, Code monétaire et financier

En France, tout résident a droit à un compte bancaire. Ce guide résume ce qui change en 2026 : pièces à fournir, convention de compte, frais encadrés, mobilité bancaire automatique, offre spécifique à 3 €/mois pour les personnes fragiles et voies de recours en cas de litige.

L'essentiel en 2026

  • Pièces requises : identité, justificatif de domicile de moins de 3 mois, signature et souvent justificatif d'activité.
  • Convention de compte obligatoire (art. L312-1-1 du Code monétaire et financier) ; modifications notifiées deux mois à l'avance.
  • Offre clientèle fragile plafonnée à 3 €/mois et frais d'incidents à 20 €/mois maximum.
  • Mobilité bancaire automatique en 22 jours ouvrés (loi Macron 2015, art. L312-1-7 CMF).
  • Dépôts garantis jusqu'à 100 000 € par déposant grâce au FGDR.
99 %

Des adultes en France disposent d'un compte bancaire (Banque de France)

22 j

Délai légal du service de mobilité bancaire

3 €

Plafond mensuel de l'offre clientèle fragile (décret n° 2014-738)

100 000 €

Garantie des dépôts par déposant et par banque (FGDR)

Sources officielles consultées

ACPR · Banque de France · service-public.fr · Code monétaire et financier · CCSF · FGDR

Les différents types de comptes bancaires

Le système bancaire français distingue plusieurs catégories de comptes. Comprendre leurs rôles respectifs aide à choisir la bonne structure dès l'ouverture.

Compte courant (ou compte de dépôt)

C'est le compte du quotidien, encadré par les articles L312-1 et suivants du Code monétaire et financier. Il permet de recevoir des virements (salaire, prestations sociales), d'émettre des paiements (carte bancaire, virement, prélèvement, chèque selon l'offre) et de déposer ou retirer des espèces. Les fonds y sont disponibles à vue, sans rémunération en principe.

Compte joint

Le compte joint est ouvert au nom d'au moins deux personnes avec la mention « ou » (Monsieur ou Madame). Chacun peut faire fonctionner le compte seul. Avantage : simplicité au quotidien pour des cotitulaires, mariés, pacsés, en concubinage ou même colocataires. Contrepartie : la solidarité passive. Si le compte est débiteur ou si un chèque est rejeté, les deux titulaires sont responsables solidairement et peuvent être inscrits au Fichier central des chèques (FCC).

Compte indivis

Moins fréquent, le compte indivis est ouvert sous la mention « et ». Aucune opération n'est possible sans la signature de tous les cotitulaires. Il s'utilise souvent après un décès (compte de succession) ou dans une indivision immobilière. Sécurisant mais peu pratique au quotidien.

Compte sur livret et épargne réglementée

Le compte sur livret (CSL) est rémunéré mais fiscalisé. Il se distingue des livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) qui bénéficient d'une exonération d'impôt et de prélèvements sociaux. Pour connaître les plafonds, les conditions et les taux 2026, consultez notre guide de l'épargne.

Compte professionnel

Les sociétés (SARL, SAS, SA...) sont tenues d'ouvrir un compte dédié dès la constitution, pour y déposer le capital social. Pour les micro-entrepreneurs, l'ouverture d'un compte séparé (article L123-24 du Code de commerce) devient obligatoire au-delà de 10 000 € de chiffre d'affaires annuel pendant deux années consécutives. En deçà, un compte dédié reste fortement recommandé pour la comptabilité.

Conditions d'ouverture : pièces et vérifications

Pour ouvrir un compte, la banque applique la réglementation de lutte contre le blanchiment (articles L561-1 et suivants du Code monétaire et financier). Elle doit identifier le client, vérifier son domicile et collecter des informations sur la nature de la relation d'affaires.

Les pièces à fournir

  • Une pièce d'identité en cours de validité : CNI, passeport, titre de séjour pour les ressortissants hors UE/EEE.
  • Un justificatif de domicile de moins de trois mois : facture d'énergie, d'eau, de téléphone fixe ou internet, quittance de loyer d'une agence, attestation d'hébergement (avec la pièce et le justificatif de l'hébergeur).
  • Un spécimen de signature recueilli en agence ou par signature électronique en banque en ligne.
  • Souvent un justificatif d'activité : bulletins de salaire, contrat de travail, attestation France Travail, justificatif de pension, carte d'étudiant ou Kbis pour un professionnel.

Une réponse négative peut être opposée par la banque, qui n'est pas tenue d'ouvrir le compte (sauf cas du droit au compte). Si tel est le cas, exigez par écrit l'attestation de refus : elle vous servira pour saisir la Banque de France.

La convention de compte : votre contrat de référence

L'article L312-1-1 du Code monétaire et financier impose une convention écrite pour toute personne physique titulaire d'un compte de dépôt. Elle décrit :

  • Les conditions générales et tarifaires applicables.
  • Les modalités de fonctionnement (moyens de paiement, découvert autorisé, alertes).
  • Les obligations réciproques du titulaire et de la banque.
  • Les conditions de modification, de clôture et le recours au médiateur.

Toute modification tarifaire doit vous être notifiée au moins deux mois avant son application. Sans opposition de votre part, elle est réputée acceptée. La banque doit aussi vous remettre chaque année un récapitulatif annuel des frais bancaires (DAF), au plus tard en janvier.

Les frais bancaires en 2026 : ce qui est encadré

Les frais bancaires résultent essentiellement de la libre négociation, mais plusieurs postes sont plafonnés par la loi. Les chiffres ci-dessous proviennent des données de l'Observatoire des tarifs bancaires (Banque de France) et du Comité consultatif du secteur financier (CCSF).

Plafonds légaux en vigueur

  • Commission d'intervention : 8 € par opération et 80 € par mois maximum (article L312-1-3 CMF, loi de séparation bancaire du 26 juillet 2013).
  • Personnes en situation financière fragile: 4 € par opération et 20 € par mois pour les commissions d'intervention ; 25 € mensuels au total pour les frais d'incidents.
  • Offre spécifique « clientèle fragile » (décret n° 2014-738) : 3 €/mois maximum, comprenant carte à autorisation systématique, virements/prélèvements SEPA, deux chèques de banque par mois, plafonnement des frais d'incidents à 20 €/mois et 200 €/an.
  • Clôture de compte : gratuite. La banque ne peut facturer que les frais à engager pour transférer des avoirs (titres notamment).

Postes habituellement facturés

  • Tenue de compte : 0 à 5 €/mois selon les établissements.
  • Carte bancaire : 0 à 150 €/an selon la gamme (classique, premier, sans contact).
  • Opérations hors zone SEPA : commissions de change de 1,5 à 3 %, frais fixes par retrait.
  • Lettre d'information pour compte débiteur non autorisé : environ 15 €.

Avant de signer, demandez la plaquette tarifaire annuelle standardisée (DIT, Document d'information tarifaire) et le glossaire harmonisé imposé par l'ACPR. Les comparaisons sont ainsi homogènes.

Le découvert et la convention de découvert

Un découvert n'est jamais automatique. S'il dépasse un mois, la banque doit vous proposer une convention écrite (article L312-1-1 III CMF) précisant le plafond, la durée, le taux annuel effectif global (TAEG) et les modalités de remboursement. Les agios doivent rester inférieurs au taux d'usure publié trimestriellement par la Banque de France pour les découverts autorisés.

Si vous dépassez le plafond autorisé ou que vous vous retrouvez à découvert sans accord préalable, la banque peut rejeter les prélèvements et les chèques. Le rejet d'un chèque entraîne une inscription au FCC et un délai pour régulariser (art. L131-73 CMF).

Mobilité bancaire : changer de banque sans tracas

Depuis la loi Macron du 6 août 2015 (article L312-1-7 CMF), le service d'aide à la mobilité bancaire est gratuit et automatique. La banque d'arrivée prend en charge le transfert des opérations récurrentes.

  1. Vous ouvrez un compte dans la nouvelle banque et signez un mandat de mobilité bancaire.
  2. La nouvelle banque obtient auprès de l'ancienne la liste des virements et prélèvements récurrents des 13 derniers mois.
  3. Elle informe les émetteurs (employeur, fournisseurs, Trésor public, organismes sociaux) de votre nouveau RIB, qui disposent de 10 jours ouvrés pour mettre à jour.
  4. Vous pouvez demander la clôture automatique de l'ancien compte une fois le transfert terminé.

Délai total légal : 22 jours ouvrés. La banque d'arrivée est responsable des erreurs et doit vous indemniser des incidents liés au transfert. Conservez tout de même un solde sur l'ancien compte deux à trois mois pour les prélèvements en cours.

Clientèle fragile : une offre à 3 €/mois

Les personnes en situation de fragilité financière bénéficient d'une protection spécifique. La fragilité est appréciée selon des critères définis à l'article R312-4-3 CMF : niveau de ressources, irrégularités répétées de fonctionnement du compte, inscription au FCC, ou demande de dossier de surendettement recevable par la Banque de France.

L'offre spécifique clientèle fragile(OCF) est plafonnée à 3 € par mois et comprend :

  • Tenue, ouverture et clôture du compte.
  • Une carte de paiement à autorisation systématique.
  • Dépôts et retraits d'espèces au guichet.
  • Virements SEPA (en ligne ou en agence), prélèvements et TIP.
  • Deux chèques de banque par mois.
  • Un changement d'adresse par an.
  • Plafonnement des frais d'incidents à 20 € par mois et 200 € par an, et des commissions d'intervention à 4 € par opération.

Toutes les banques sont tenues de proposer cette offre. En cas de refus ou de difficulté pour y accéder, vous pouvez saisir l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution).

Recours et médiation en cas de litige

En cas de désaccord avec votre banque (frais contestés, clôture jugée abusive, mobilité ratée, refus d'offre fragile), suivez la chaîne suivante :

  1. Votre conseiller ou l'agence : tentative de règlement amiable.
  2. Le service réclamations de la banque, qui doit répondre sous deux mois maximum (engagement Charte AFB).
  3. Le médiateur bancaire, gratuit et indépendant : ses coordonnées figurent dans la convention de compte. Il rend un avis sous 90 jours.
  4. Le juge judiciaire, en dernier recours.

La liste des médiateurs et leurs rapports annuels sont publiés par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Pour les litiges relatifs aux pratiques commerciales, la DGCCRF peut aussi être saisie via SignalConso.

Garantie des dépôts : ce que couvre le FGDR

Toutes les banques agréées par l'ACPR adhèrent au Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR). Vos avoirs sont protégés jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement, en cas de défaillance. Les indemnisations interviennent dans un délai de sept jours ouvrables.

Pour des dépôts exceptionnels et temporaires (vente immobilière, succession, indemnités), la couverture peut être portée jusqu'à 500 000 € pendant trois mois. La couverture est automatique et gratuite, sans démarche à effectuer.

Lever les blocages : quand et comment exercer le droit au compte

Si une ou plusieurs banques refusent votre demande d'ouverture, la Banque de France peut désigner d'office un établissement tenu d'ouvrir le compte avec un service bancaire de base gratuit. Cette procédure prévue par l'article L312-1 du Code monétaire et financier est détaillée dans notre guide dédié au droit au compte.

Pour une ouverture plus rapide sans passer par la Banque de France, les banques en ligne et néobanques proposent des procédures dématérialisées en quelques jours.

Avantages et points d'attention

Ce que la loi vous garantit

  • Droit au compte (art. L312-1 CMF)
  • Convention de compte écrite et information préalable
  • Garantie FGDR jusqu'à 100 000 €
  • Plafonnement des frais d'incidents et offre fragile à 3 €/mois
  • Mobilité bancaire automatique en 22 jours
  • Médiation bancaire gratuite et indépendante

Points d'attention

  • ·Une banque peut refuser sans motiver (sauf droit au compte).
  • ·Les frais hors plafonds restent variables selon les établissements.
  • ·Le compte joint entraîne une solidarité en cas d'impayés.
  • ·Le découvert non autorisé expose à des rejets et au fichage FCC.
  • ·L'ouverture en banque en ligne exige justificatifs complets et premier versement.
  • ·Les non-résidents font face à des conditions plus strictes.

Questions fréquentes

Quels documents faut-il pour ouvrir un compte bancaire en France en 2026 ?
La banque demande au minimum une pièce d'identité en cours de validité (carte nationale d'identité, passeport ou titre de séjour pour les ressortissants hors UE), un justificatif de domicile de moins de trois mois (facture d'énergie, quittance de loyer, attestation d'hébergement plus la pièce de l'hébergeur) et une signature originale. Beaucoup d'établissements ajoutent un justificatif d'activité (bulletin de salaire, contrat de travail, attestation Pôle emploi ou carte d'étudiant). Le détail des pièces acceptées figure sur service-public.fr.
Une banque a le droit de refuser ma demande d'ouverture de compte ?
Oui. En France, l'ouverture d'un compte courant relève de la liberté contractuelle : la banque n'est pas tenue d'accepter, à condition de ne pas pratiquer une discrimination prohibée. En cas de refus, l'établissement doit vous remettre gratuitement une attestation. Cette attestation vous permet de saisir la Banque de France au titre du droit au compte prévu à l'article L312-1 du Code monétaire et financier.
Qu'est-ce que la convention de compte et est-elle obligatoire ?
La convention de compte est le contrat écrit qui régit votre compte de dépôt. L'article L312-1-1 du Code monétaire et financier la rend obligatoire pour toute personne physique. Elle précise la tarification, le fonctionnement des moyens de paiement, les modalités de découvert, la procédure de clôture et les voies de recours. La banque doit vous remettre cette convention avant la signature et vous informer par écrit de toute modification au moins deux mois à l'avance.
Existe-t-il une offre spécifique pour les personnes en situation financière fragile ?
Oui. Depuis le décret n° 2014-738, toutes les banques doivent proposer une « offre spécifique clientèle fragile » au tarif maximum de 3 € par mois. Elle inclut une carte de paiement à autorisation systématique, deux chèques de banque par mois, des virements et prélèvements SEPA, un changement d'adresse par an et le plafonnement des frais d'incidents à 20 € par mois et 200 € par an. Les conditions de fragilité financière sont définies à l'article R312-4-3 du Code monétaire et financier.
Comment fonctionne la mobilité bancaire en 2026 ?
Le service d'aide à la mobilité bancaire, issu de la loi Macron du 6 août 2015 et codifié à l'article L312-1-7 du Code monétaire et financier, est gratuit et automatique. Vous signez un mandat de mobilité dans la banque d'arrivée, qui se charge en 22 jours ouvrés de transférer les virements et prélèvements récurrents et d'informer les émetteurs de votre nouveau RIB. La clôture de l'ancien compte peut être demandée dans la foulée. Vérifiez tout de même les prélèvements pendant deux à trois mois.
Les dépôts sur mon compte bancaire sont-ils garantis si la banque fait faillite ?
Oui. Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) couvre vos dépôts à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement, conformément à la directive européenne 2014/49/UE transposée en droit français. La garantie s'applique automatiquement à toutes les banques agréées par l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Une indemnisation est versée sous sept jours ouvrables en cas de défaillance.
Comment contester des frais bancaires ou un refus de service ?
La voie habituelle est en trois étapes. D'abord votre conseiller, puis le service réclamations de la banque (réponse sous deux mois maximum). Si le litige n'est pas réglé, vous saisissez gratuitement le médiateur bancaire dont les coordonnées figurent dans votre convention de compte. La liste des médiateurs est publiée par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Le recours judiciaire reste possible en dernier ressort.
Compte joint, compte indivis : quelle différence ?
Le compte joint fonctionne sous la signature « ou » : chaque cotitulaire peut signer seul. Pratique au quotidien, il rend les cotitulaires solidairement responsables des dettes du compte. Le compte indivis fonctionne sous la signature « et » : toute opération exige l'accord de tous les titulaires. Il est souvent utilisé en cas de succession ou d'indivision immobilière. Le choix se fait à l'ouverture et figure dans la convention de compte.

Mention légale. Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre d'information générale et pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil financier, ni un conseil juridique personnalisé, ni une recommandation d'ouverture de compte. checkeverything.fr n'est pas un comparateur ni un intermédiaire bancaire. Les conditions d'ouverture, les frais et les services varient selon les établissements ; vérifiez les modalités applicables auprès de la banque de votre choix. Sources officielles : ACPR, Banque de France, service-public.fr, Code monétaire et financier (L312-1, L312-1-1, L312-1-3, L312-1-7), CCSF et FGDR. Dernière mise à jour : 28 mai 2026.